déc
21

Par EB

Quelle surprise ! Quelle joie !

Notre Olivier de Clisson, ou plutôt son fantôme… Ou qui sait ? Notre seigneur de la Guerre de Cent Ans, mort en 1407 …ou peut-être pas.. a découvert notre blog et vient s’informer de l’état de sa forteresse (cf. commentaires du billet du 18/12) !

A la teneur de ses propos, il paraît en pleine forme ! « Même ce parvenu de Du Guesclin, ce dur à cuire, redoute le fil de ma hache de guerre. Alors prenez garde, j’ai le sang chaud »

Pour l’instant, il est dans son hôtel parisien « Il faut bien hanter quelque part non ? Par les temps qui courent l’habitat est cher même pour les fantômes de mon rang. »

Et oui, parmi ses nombreuses propriétés, notre Olivier de Clisson, compagnon d’armes et successeur du connétable de France, Bertrand Du Guesclin, s’est fait construire un hôtel particulier, comme de nombreux autres serviteurs du roi de l’époque,  dans le Marais.

Paris-Hotel-de-Clisson[1]

 Aujourd’hui, ce qui reste de cet hôtel est intégré au musée des archives nationales et se situe toujours dans le Marais, côté rue des Archives. A voir sur http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/chan/chan/musee/musee-hdf.htm

« Clisson je n’y ai guère remis mes éperons depuis des lunes. Les crues menaceront-elles cet hiver mes moulins sis sur la rive opposés de la rivière ? Tournent-ils toujours ? Narrez moi cela, jeune agnelle…. »

Il s’enquiert des nouvelles de ses moulins ?… Alors nous allons lui donner satisfaction et lui donner quelques nouvelles en direct ! Et vous allez vous aussi découvrir, chers lecteurs, l’histoire de Clisson d’hier et d’aujourd’hui !
Grâce à cette surprenante intervention, d’une de nos figures historiques, nous allons revenir sur l’histoire de Clisson !

« Cher Olivier,
Oui, votre rivière a bien monté ! Cet automne et cet hiver sont pluvieux et la rivière fait grand bruit !
Cette rivière, qui coule en bas de votre château, a vu construire sur ses deux rives, deux moulins de chaque côté ! En tout 4 moulins à grains, vous assurant, n’est ce pas, un revenu non négligeable !

Les citadins clissonnais vous devaient des redevances, vous payaient pour utiliser vos moulins à moudre le froment et le seigle.  Et ces céréales étaient ensuite pesées dans le minage, sur la place face à la porte de votre château. C’est là qu’on vendait les grains de blé, juste « sous votre nez » afin que vous puissiez contrôler ?  On vous payait encore un droit de minage lors des ventes réalisées ici même !

Car savez-vous qu’aujourd’hui, je vous écris de cette place, face à votre château, car notre Office de Tourisme y est installé. Comment vous expliquez ce qu’est un office de tourisme simplement ? Un bureau de renseignements ? Un endroit où l’on parle de vous, de votre château car aujourd’hui on y entre librement, non pas en chevalier, quoique de temps en temps, mais surtout pour le parcourir et comprendre comment il s’est construit avec le temps !

Revenons à vos moulins : oui regardez  ces photos prises aujourd’hui en bravant le vent et la pluie ! L’eau est montée !
Mais vous ne reconnaîtrez pas bien les lieux car cela a un peu changé !


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Et oui, la rivière, comme vous vous en inquiétez, peut être torrentielle l’hiver et vos moulins ont souffert au XVIIIe d’une crue dont on conserve le souvenir sur une plaque, rue St Antoine. Ce même siècle, des incendies lors d’une guerre civile, l’épisode des Guerres de Vendée (nous vous raconterons cette épisode, c’est promis, dans un autre billet, vous qui aimiez manier la hache, ici on a aussi soufflé le feu).
Les moulins ruinés vont être transformés : des céréales il ne sera plus question, on y filera la laine et le coton.
Un grand bâtiment est construit sur la rive droite, face à votre château.
Cette filature « à la clissonnaise » a connu aussi de nouvelles crues et incendies et aujourd’hui, est en train d’avoir une nouvelle vie (comme vous cher Olivier) ! 
De fil en aiguille, la filature deviendra, d’ici le printemps prochain, un hôtel, avec vue imprenable sur votre demeure ! A voir sur http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Clisson-les-chambres-temoins-de-l%E2%80%99hotel-3-etoiles-inaugurees_-1170459_actu.Htm

Si vous venez jusqu’à Clisson, au printemps par exemple ! Venez y séjourner ! Nous vous réserverons la meilleure chambre !
Car ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que le feu a mis en ruine votre ville de Clisson il y a un peu plus de 200 ans, ainsi que votre château ! C’est pourquoi, si vous revenez, couvrez vous bien, les courants d’air sont légions dans votre demeure aujourd’hui !

Ne soyez pas surpris, votre château a perdu ses toits, ses pièces chauffées par les cheminées, mais il a été agrandi et un homme l’a sauvé, pour que vous puissiez aujourd’hui, ainsi que nos visiteurs, le parcourir à votre guise. Et cet homme, un certain François-Frédéric Lemot, a participé à la reconstruction de votre ville en lui donnant non plus autant de granit mais des briques et  des tuiles.

Nous vous laissons pour aujourd’hui sur ces images de votre château, qui vous raconterons encore mieux l’histoire de votre forteresse avec et après vous…….. Cher Olivier, à bientôt sur ce blog pour de nouveaux commentaires et dans vos murs à Clisson ! Ces images sont les votres, et quand vous viendrez à Clisson, nous vous ferons découvrir ces mêmes images dans une petite boîte magique qu’on appelle un iPhone, c’est encore plus beau !»

P.S. : avec les photos de la rivière, c’est mieux, non ?

© Jean-Pierre Pustienne

Vidéo d’introduction du parcours de visite du château de Clisson

Commentaires

O de C le 22 décembre, 2009 à 9 h 30 min #

Que de diableries me baillez vous là donzelle??? Le feu à mon chateau ??? Moi qui a tant bataillé, tant rusé, tant sué pour recouvrez ce bien qui me revenait de droit, de ma parenté. Qui a osé ? Vous avez l’air bien informée, et moi prisonnier de ce Marais gluant de Paris où l’on attenta à ma vie traitreusement, l’on ne m’a rien dit ? J’aimerai que vous racontiez l’histoire advenue mais en prenant votre temps car je ne comprends pas tout en vous lisant, vous allez si vite en narration. Un peu de calme. Et si vous commenciez au début? Je vous assure damoiselle, que je j’apaiserais mon juste courroux si vous me rapportiez ce que l’on raconte de ma vie aujourd’hui. J’augure d’ici quelques contes à faire aux enfants. Je suis né dans la place forte de Clisson, mais n’ai point eu le loisir de compte les grains au minage. Car oui ou non savez vous que dès mon jeune âge ma vie devint tumulte ? Alors, pitié pour un chenu fantôme, parlez clair mais lentement en recommençant depuis le début…. Si vous aviez le nom des incendiaires, je serais bien aise de les hanter à mes heures…. Et quel est ce jeune homme qui « sauva », comme vous y allez, ma place forte du Sud ? Vous remuez tant de souvenirs fondus dans la grisaille de Paris que vous me devez le récit du tout. Dans l’ordre, je vous prie, et dans le détail? N’ayez crainte, je rectifierai au fil de la plume. Mon fantôme de secrétaire est là pour ça. Ces jours ci on fait du remue ménage dans les murs de mon hôstel. Savez vous de quoi il retourne, je suis prisonnier des pierres et ne comprend guère ce chambard. Enfin, je ne suis pas l’Olivier que vous semblez croire mais seulement son spectre. Ah, il me reste ma hache de guerre et mon pectoral. J’adore faire peur aux marmots, moi qu’ils appelaient marmouset…. Non mais. Mes chevaleresques hommages. Non je ne suis pas un barbare.
A vous lire. O de C.


O de C le 22 décembre, 2009 à 9 h 35 min #

Quel est ce mot de citoyen que vous utilisez dans votre écrit ? Moi je n’ai connu que des sujets, me devant obéissance et redevance ? Qu’est ce qu’un citoyen ? Ne ne dites pas que les Grecs ont envahi la Bretagne et imposé ce qu’ils appelaient démocratie ?
Gare fillette, j’ai des lettres aussi. Entre deux batailles, je me faisais lire la vie des anciens…


Office de tourisme le 23 décembre, 2009 à 17 h 39 min #

Cher fantôme d’Oliver de C.
Je n’ai point utilisé le mot de citoyen mais de citadin ! Vous ne vous rappelez plus peut-être que Clisson compta jusqu’à 2400 habitants répartis dans les 5 paroisses de la ville. Notamment à peu près 700 sujets autour de votre château et de l’église Notre Dame (église que vous avez-vous-même fondé en votre siècle !). Alors oui, j’ai employé le mot de « citadins » qui sont différents de toute la population d’agriculteurs, vignerons qui vivent plutôt dans un autre quartier, autour de l’église de la Trinité et les villages. J’ai trouvé aussi cette définition : Citadin : début XIVe « habitant de la cité ». En espérant avoir apaisé votre courroux, je vous souhaite une bonne lecture. Et à vous lire bientôt !


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