Par EB

« Cher Olivier, ou plutôt son fantôme,

J’ai ouïe dire que vos éperons étaient passés à Clisson hier, pour l’Epiphanie… Cette fête qui est l’occasion de « tirer les rois » à notre époque ! Autrement dit, de manger une galette dans laquelle se cache une fève !

Mais vous n’êtes point venu la partager avec nous, vous avez dû rester en votre château et par le froid ambiant, vous avez dû vite repartir en votre hôtel parisien ?

Revenez aux beaux jours, vous pourrez profiter de la vue sur votre château depuis notre nouvel hôtel clissonnais qui ouvrira ses portes au printemps ! La « Villa Saint-Antoine » face à votre château sur les bords de la Sèvre, autrefois ligne de défense, aujourd’hui lieu de balades romantiques…

Regardez, nous avons même concocté pour vous (et nos visiteurs !) un week-end Dolce Vita pour profiter de la vue sur votre château et de sa visite !

A découvrir sur http://www.valleedeclisson.fr/Dolce-vita.1380.0.html

Revenons à votre dernière missive, où votre courroux n’était encore point apaisé ! « Mon secrétaire m’a rapporté ce que disent de moi les plumitifs de cette diablerie de livre dont les pages tournent d’elles-mêmes et que vous appelez Internet. Les enluminures sont belles mais le résumé de ma vie est ainsi tournée qu’aucun marmouset de ce temps n’y comprendrait goutte… »

Mais votre vie est souvent résumée sur ces pages de livres virtuels ! N’ayez crainte, nous allons prendre tout le temps pour raconter en détail votre vie si remplie ! Nous aussi, nous sommes sur une sorte de « diablerie de livre » mais vous êtes près de nous pour corriger si besoin et nous sommes en terres clissonnaises, n’ayez crainte encore une fois !

Je vous assure que Philippe Richard, historien clissonnais, (cf. billet du 14/11/09) qui vous a consacré son dernier ouvrage publié en 2007, vous rend hommage : « Olivier de Clisson, grand seigneur breton, sera toujours fidèle à sa patrie bretonne ; il y résidera le plus souvent possible… »

Quelques mots qui apaiseront encore votre courroux  (je l’espère !) : « Son attachement breton donne un éclairage plus humain sur ce personnage que les historiens présentent souvent comme un seigneur richissime et hautain ou un capitaine redoutable et cruel »

Voyez, Philippe Richard dans son livre, Olivier de Clisson, connétable de France, grand seigneur breton, 1336-1407 , replace les événements 10 siècles avant nous et raconte votre histoire pleine de rebondissements et non pas de trahisons comme vous le craignez dans votre dernière lettre… « En plus en écoutant le rapport de votre notice, j’ai l’impression que l’on fait de moi un fol et une girouette, or je n’ai eu dans ma vie qu’un seul but qui fut vous le savez de rentrer dans mon droit. Pourquoi n’expliquez vous pas cela ? ».

Nous allons nous appuyer sur Philippe Richard, sur son récit, sur ceux qui se sont intéressés à vous au plus près (sur ces diableries de pages d’internet !) et nous allons parler de vous avec le plus grand soin !

Alors, dès demain, si vous le voulez bien, je m’attelle à ma tâche de narratrice et je reprends le début de l’histoire, de votre histoire…

Aujourd’hui, je me remets de la déception de ne vous avoir point vu hier en votre château…Mais ce n’était que votre fantôme… ??? Mes yeux ne sont point habitués encore à cette vision fantasmagorique ?

Je vous dis à demain ! Et je vous souhaite une très bonne année de fantôme entre Paris et Clisson puisque vous n’êtes point venu non plus nous faire la bise sous le gui pour l’an neuf qui est en dix cette année !!! »